Biodéchets : petites actions, grands bénéfices pour la société

Épluchures de légumes, coquilles d’oeufs, carcasses de viandes… Ces déchets d’origine végétale ou animale, appelés “biodéchets”, sont nombreux dans nos poubelles. En les triant dès la cuisine et en les collectant séparément des autres déchets, ils deviennent de véritables ressources : biogaz et engrais naturels. A Love Your Waste nous l’avons bien compris et pour nos clients, trier séparément les biodéchets est devenu un réflexe.

restes alimentaires

Qu’appelle-t-on biodéchets ?

Les biodéchets sont les déchets non dangereux et biodégradables issus de nos jardins, de nos cuisines ou encore des usines de transformation alimentaire. Concrètement, on retrouve les déchets verts (feuilles, herbes), les fruits et légumes, les plat préparés, les produits laitiers, les restes de préparation de repas, les viandes, les poissons, les oeufs, etc.

Qui doit trier ses biodéchets ?

Pour les entreprises : obligation de trier dès 10 tonnes par an

La loi Grenelle 2, impose à tous les gros producteurs de biodéchets de les trier à la source, de les collecter et de les valoriser à partir de 10 tonnes par an. Pour vous donner un exemple, un restaurant d’entreprise qui sert environ 200 repas par jours réalise 12 à 13 tonnes de biodéchets par an. Ou encore, un établissement médical qui sert 600 repas par jours produit environ 56 tonnes de biodéchets par an.

En 2012, cette obligation de tri, de collecte et de valorisation concernait les entreprises producteurs de 120 tonnes par an. En 2015 elle avait déjà été abaissé à 20 tonnes par an.

Aujourd’hui, 73 0000 établissements de restauration collective en France sont concernés par la Loi Grenelle 2. Il s’agit pour 47% de restauration scolaire et universitaire, pour 26% d’établissements de santé (restauration hospitalière, maisons de retraite…) et enfin pour 26% de restauration d’entreprises et d’administrations.

Ça bouge du côté des villes et de la société civile

 

société durable

Aujourd’hui aucune loi ne contraint les collectivités à mettre en place des collectes des biodéchets des ménages. De ce fait, aucune contrainte aussi du côté des citoyens à trier les restes du frigo et des repas. Pourtant le poids des déchets alimentaires représente 40% du poids total de la poubelle d’un ménage. Le gaspillage alimentaire représente 29 kg par an et par habitant, dont 7 kg d’aliments encore emballés. Cela représente un coût d’environ 400 euros par foyer.

Des collectivités n’ont pas attendu l’arrivée d’une réglementation pour réaliser des expérimentations. Parce que la gestion des déchets fait partie des compétences collectivités publiques, mais aussi parce que la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les engagements volontaires des citoyens, nombreuses communes ont mis en place des collectes séparées en porte à porte avant acheminement en centre de traitement ou des système de compostage de proximité (en pied d’immeubles, dans les écoles, sur les places de marché, etc.).

C’est la ville de Lorient qui fait figure d’exemple en France. Cela fait 10 ans que la Communauté d’agglomération collecte chaque semaine les biodéchets de ses citoyens et chaque année se sont des milliers de tonnes de biodéchets qui sont acheminés sur une plateforme de compostage. Le compost est ensuite utilisé par les agriculteurs de la région ou donné aux particuliers lors de manifestations de sensibilisation aux méthodes de jardinage respectueuses de l’environnement.

A l’étranger, à San Fransisco et Milan les habitants disposent de trois bacs collectés séparément : une des trois poubelle est dédiée aux biodéchets. Aux Etats-Unis, la ville californienne recycle 80% de ses déchets organiques et vise les 100% d’ici 2020.

Pour Paris, il y a encore des progrès à réaliser mais la capitale est sur le bon chemin.La ville de Paris a commencé en 2016 une expérimentation de la collecte des biodéchets dans le 2ème et 12ème arrondissement de Paris. Si elle s’avère concluante cette expérimentation pourrait être élargie à d’autres arrondissements.

Retrouvez la cartographie des collectivités qui collecte séparément les biodéchets ici

Après la collecte, que deviennent les biodéchets ?

Une fois collectés, les biodéchets sont acheminés vers différents centres de traitement. Le traitement peut se faire par compostage ou par méthanisation. Il existe à ce jour en Ile de France 6 unités de méthanisation  et 14 unités de compostage.

engrais

La méthanisation consiste à décomposer des matières organiques grâce à des bactéries qui agissent en l’absence d’air : ce processus se déroule en milieu « anaérobie » (sans oxygène). Cette fermentation permet de produire du biogaz qui comporte principalement du méthane et du dioxyde de carbone ainsi que du digestat valorisable comme produit fertilisant. Le biogaz peut lui-même être injecté sur les réseaux ou permettre de produire de la chaleur, de l’électricité ou du carburant pour véhicules (GNV).

Le compostage consiste également à dégrader des déchets organiques mais en présence d’oxygène et d’humidité. Il permet de produire du compost, un fertilisant proche du terreau, riche en composés humides. Il peut ainsi être utilisé comme engrais ou avant labour pour améliorer le taux de matière organique dans le sol et la biodiversité. Les résidus organiques compostables » sont « carbonés » (branches, feuilles mortes, paille, coquilles concassées, litières, cendres de bois, etc.) ou « azotés » (déchets végétaux, légumes et fruits).

Les installations de valorisation sont différentes en fonction des biodéchets traités :

  • – déchets verts
  • – biodéchets alimentaires d’origine végétale
  • – biodéchets alimentaires contenant des produits animaux

Un des champions européens, c’est notre voisin, l’Allemagne avec 9 000 unités de méthanisation qui a créé 63 000 emplois et apporté plus de 8 milliards d’euros. La méthanisation s’affiche clairement comme un secteur porteur.

La France est en train de rattraper son retard puisqu’il existe aujourd’hui 236 unités de méthanisation. Mais on compte 70 nouvelles installations chaque année.

Et du côté de Love Your Waste

La startup a sélectionné l’option méthanisation pour le traitement des biodéchets. Les co-fondateurs y voit un réel secteur d’avenir. Le processus de transformation réalisé par méthanisation permet directement la création de biométhane et sa distribution dans le réseau de gaz de ville par notre partenaire GrDF. Nos clients sont donc engagés dans une action concrète d’économie circulaire. Love Your Waste participe à créer une communauté d’acteurs privés comme publics qui agissent quotidiennement dans la construction d’une société durable.

Les convives des restaurants et des cantines avec qui nous travaillons sont convaincus de l’utilité sociétal des actions de tri et de valorisation des biodéchets. Les enfants du 9ème arrondissement de Paris ont compris les enjeux et les expliquent à merveille.

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